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dimanche 11 mai 2014

"Au nom du fils" de Vincent Lannoo

La première réaction aux scènes de ce film a souvent été d'éclater de rire tellement les situations sont grotesques et absurdes.

Vincent Lanoo s'attaque à la pédophilie au sein de l'église chrétienne que trop souvent la haute autorité ecclésiastique dissimule, couvre ou bien minimise lorsque un scandale éclate comme il y a quelques temps aux USA.
Précisons pour relativiser que cette perversion sexuelle n'est certainement pas l'apanage exclusif d'un certain clergé mais aussi de toutes les institutions à caractère non religieux, collèges, colonies de vacances,etc. qui s'occupent d'enfants
Le mariage des prêtres, même s'il est à souhaiter pour des considérations humaines évidentes, ne résoudra pas ce grave problème.

Dans le film, Elisabeth, croyante convaincue qui anime une émission religieuse sur Radio Cato, a un fils qui entretient une relation, alors qu'il n'a que 14 ans, avec un curé, adipeux et flasque, nommé Achille.  Ce fils, Jean-Charles, honteux de son acte, se suicide au fusil de chasse devant sa mère. Dès lors, persuadée qu'elle doit punir et que Dieu guide sa main, elle tue au pistolet les curés soupçonnés de pédophilie dont elle s'est procuré la liste.

Au delà de la dénonciation de cette perversion, il y a une critique acerbe mais juste d'une certaine phraséologie utilisée par l'Eglise pour animer la foi des croyants. Messages souvent absurdes qui mènent parfois à l'intolérance tels les groupements religieux Civitas, Dies Irae, Fraternité Saint Pie-X, et/ou à la violence tels les groupements para-militaires que l'on a vu à l'oeuvre dans le film s'acharnant à coup de mitraillette contre des effigies de Ben Laden. Ces groupements malheureusement existent et ont participé dernièrement aux manifestions contre le Mariage pour Tous. Il y a quelques années, ils faisaient des coups de force contre les manifestations pour le droit à l'avortement.

Par ailleurs, ces groupes ne le disent pas clairement mais leur racisme est patent, contre les noirs, contre les arabes, contre les gitans et les roms qui seraient responsables des maux actuels en France. Ils serait dangereux de minimiser l'influence de ces groupements, qui attendent, mis en sommeil, que des politiques du genre FN gagnent quelques élections significatives pour pouvoir surgir et demander un morceau de ce pouvoir. Le FN a beau clamer que ces groupes ne font pas partie de son mouvement, c'est faux, archi-faux. Ils pensent tous de la même manière. Il n'y a que les mots qui diffèrent un peu. La journaliste-essayiste, Caroline Fourest, décrit brillamment ces groupements, leurs idées et leurs actions dans ses nombreux livres (voir mon post sur Inna).

Le film dénonce aussi le concept de Loi Naturelle qui exprime la volonté de Dieu. Elle est unique et défie le temps. Elle ne change pas. Dans le film, les croyants doivent se soumettre à cette Loi ainsi qu'à tous les phénomènes qui en découlent et que l'on ne doit pas chercher à comprendre. Plus précisément, cette Loi s'oppose fermement à l'acceptation de l'homosexualité, puisque la loi naturelle a présidé à la création de l'homme et la femme pour qu'ils s'unissent et enfantent.

Ce film, c'est effectivement du gros calibre avec Elisabeth en "tonton flingeur sous le soleil de satan" mais il a le mérite de pointer du doigt ces terribles déviations de nos sociétés

Je suppose que ce film sera très critiqué par les milieux chrétiens et que les exploitants de salles de cinéma ne feront pas de zèle pour programmer ce film, tellement ils craignent de possibles manifestations violentes d'activistes pro-chrétiens.

Parfois l'outrance est nécessaire pour faire passer des idées.

Les Droits de l'Homme sont nés de la Révolution Française et cela n'a pas été une simple promenade bucolique. 






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