
Le film peint cette Amérique oubliée des provinces de l'intérieur qui n'est plus dans la course. Le rêve américain s'est arrêté avec Reagan qui en déréglementant la finance, a déboussolé l'économie américaine, stoppant net le développement de beaucoup d'Etats. Le vieux Woody/Bruce Dern, rescapé de la guerre de Corée, participe encore de ce rêve pensant avoir gagné 1 000 000 US$. Mais il fait déjà partie de l'histoire, il n'est plus dans ce présent, dur et triste pour ne nombreux américains. L'accompagneront sur sa route son fils David/Will Forte et son épouse, Kate/June Squibb. Magnifiques acteurs qui auraient aussi mérité un prix d'interprétation.
Il fera avec son fils la route de Billings (Montana) à Lincoln (Nebraska) pour toucher son million, en traversant le Wyoming et le South Dakota. La route fait partie de l'imaginaire américain. La route 66 des "Raisins de la Colère" de l'Illinois à la Californie, "la Route" de Jack Kerouac, d'"Easy Rider" de Denis Hopper, la cavale de "Thelma et Louise" de Ridley Scott à travers les USA, la fuite de "Sailor et Lula", et d'autres films que j'oublie. Toujours la route. La route du mythe américain. La route au bout de laquelle il y a le trésor, comme au pied de l'arc-en-ciel.
La route de "Nebraska", elle va vers l'est traversant les mornes plaines vides et infinies du Midwest et ces villages que la crise a rendu tristes et silencieux.
Woody regarde, sceptique, les Présidents de Rushmore. "A celui-là il manque l'oreille !" Pas si fou que ça, le vieux ! Lucide !
Dès que j'ai vu Woody, c'était toi, mon vieux Bob qui apparaissais à l'écran. Même physique, même regard ! Bob Voslo, tu es aussi ce descendant de suédois. La dernière fois que je t'ai vu à au Congress Hall d'Atlanta, les 3 pontages sur ton coeur t'avaient donné cette même démarche saccadée d'automate. Tu gardais toujours ce discours court et rude d'une logique implacable, langue du Midwest, langue de mec. Maintenant tu ne parcours plus les immensités de l'Iowa avec ton pick-up Dodge. Ton cerveau est resté loin derrière, enfermé dans le rêve américain. Peut-être regardes-tu la télé toute la journée avec ta bouteille de Bud à la main ? So long, old timer !
Cet univers décalé et hors du monde que dépeint si bien Annie Proulx dans ses lives. Héros cabossés, personnages extravagants, routes défoncées, usines vidées...
Peu importe les quelques invraisemblances du film. L'important, c'est la symbolique du paradis perdu qui s'en dégage. L'histoire pourrait être un conte "Il était une fois un vieux monsieur qui croyait en lisant une réclame qu'il avait gagné 1 million de US$..." Un conte qui finit bien, Woody récupère un morceau de ce rêve sous forme d'un pick-up et d'un compresseur neuf.
Grand poème triste qui se déroule en noir et blanc. Teinte sépia des horizons.
Musique lancinante de guitares mêlées pour marquer la quête obsessionnelle du vieux.
So long, Woody !
Ce film volontairement long nous plonge dans l'Ouest américain profond filmant des protaganistes qui n'attendent rien de particulier de la vie sinon le droit à rêver une seule fois, comme le droit à aimer une seule fois même si ce ne sera pas avec l'objet de ses rêves que l'on finira forcément.
RépondreSupprimerLe vieux Woody m' a rappelé Jean-Louis Trintignant ! Un visage au couteau, la peau plaquée sur les os du visage, des yeux d'enfant que l'on devine bleus, un corps malade, qui se déplace avec une force zombiesque et qui s'assoit dans une faiblesse douloureuse mais dont la détermination "dérésignera" un fils aux bras balants, re-humanisera un autre (génial acteur de la serie "Breaking Bad"), fera taire les vautours et les imbeciles, imposera le respect d'une femme au caractère bien trempé (elle l'aime son Woody) et nous apprend une chose:
Un loser qui croit vaut mieux qu'un gagnant qui sait...
Aucune mièvrerie dans ce film épuré, des paysages dramatiques en noir et blanc, des personnages attachants et drôles, un autre aspect de l'Amerique auquel on est moins habitué...et qui continue de me donner envie d'aller visiter Billings et de me siffler une biere au bar du coin...comme ce bon vieux Woody!!!
Una película emotiva en formato blanco y negro personalmente la falta de colores siempre me provoca nostalgia, me divertí mucho acompañando en su travesía padre e hijo¨ a este par en un viaje con destino a ningún lugar y carente de sentido... Woody es el padre se cree ganador de un millón de dollares, con Quijotesca actitud va dispuesto a cobrar su premio a como de lugar convence a su hijo su Sancho Panza de llevarlo a reclamar su millón y así empieza su aventura.
RépondreSupprimerEs una comedia de buen gusto pasando por bizarras situaciones a las que se enfrentaran los personajes, la madre es un personaje muy divertido, fuerte, lleno de sorpresas, todo sucede en un pueblo USA que seria el antagonista del glamour Beverly Hills Americano, en medio del clima extremo con nieve y frió, así el pueblo que les guarda su pasado los espera para confrontar a esta familia ante el hecho de que el tiempo hizo paso por sus vidas, las de sus amigo y los conocidos del pueblo, éxitos, fracasos, logros, historias, finalmente los protagonistas terminan la aventura en un emotivo pero nada cursi reencuentro padre e hijo.
El personaje de Woody me recuerda el hecho de que todos los ¨Mortales¨ nos enfrentamos al mismo poderoso adversario ¨EL TIEMPO¨ a Woody la demencia senil le toca la puerta lo que terminara definitivamente por alejarlo de su realidad sin darle mas oportunidad de poder superar las nostalgias, errores o culpas.
Esta película me enfrenta con esas emociones de incertidumbre y frustración, las cuales se experimentan cuando por desgracia nos toca estar esperando el perder a un ser amado que se va ir de nuestra vida en manos de la demencia, la enfermedad o la muerte... Ya no hay tiempo para hacer mas planes a futuro con ellos ni para hacerles reproches por lo pasado bajo esas circunstancias solo se puede tomar una decisión que es vivir el presente con ellos y seguir adelante.
Liz, que buena sorpresa de leer tus comentarios a mi post ! Has entendido perfectamente la temática de la película poniéndote exactamente al punto clave, al alma de la historia es decir la psicología del Woody, su demencia. Y no hay mejor imagen que la referencia al hombre de la Mancha, el Quijote y al Sancho Panza. El milion de dolares en vez de los molinos. No me lo había pensado yo. Miguel de Cervantés es definitivamente un escritor universal.
SupprimerTambién lo has bién notado como la familia y sobre todo su mujer siguen cuidando al tío Woody. Eso nos deja pensar que por alguna parte nuestro mundo no es totalmente malo.
Mucho me gusto tu alto nivel de sensibilidad.